LA LENTEUR DU TEMPS

Dernière mise à jour : 14 mai 2020


La lenteur, celle du temps, celle du quotidien... La lenteur de nos gestes... La lenteur du déroulement des heures, des jours, des semaines et maintenant, des mois... La lenteur est sans doute ce qui caractérise cette arrêt forcé qui paralyse les pays touchés par la pandémie. Le monde entier vit au même rythme lent... Comme une porte close... ou une fenêtre verrouillée. La lenteur nous tient en quelques sortes isolés, presque captifs. Pour nous protéger ? Oui absolument ! Il faut en convenir ! Cette lenteur nous est finalement bénéfique ! Elle nous force à ralentir... Tellement habitués que nous sommes à ne pas voir le temps passer... À nous plaindre mille fois par jour que le temps passe trop vite... Que nous n'avons pas assez de temps... Ah si j'avais plus de temps devant moi... Tant de choses à faire et si peu de temps... Eh bien là, en voilà du temps qui prend son temps... avec lenteur. Comptons-nous chanceux ! Pour la plupart d'entre nous qui devons pendre notre temps, prenons-le comme un cadeau... Il nous permet de faire le point, de ralentir, de faire du ménage, de réfléchir, de lire, de faire ou d'écouter de la musique, d'écrire, de se mettre à jour dans le classement de nos papiers, trop souvent pêle-mêle, ou dans nos garde-robes, trop souvent encombrés, et dans nos garages, qui ont de tout sauf des voitures, aussi dans nos sous-sols, qui servent de plus en plus à trop de choses, à part la détente, aussi faire de l'ordre aussi dans nos idées, qui n'ont jamais vraiment le temps de se poser. Trop de nos travailleurs de première ligne, médecins, infirmières, préposé(e)s, travailleurs des transport de biens essentiels, tous ceux qui sont aux champs et à l'épicerie, s'assurant que nous ayons des vives pour nourrir nos familles, tous ceux-là n'ont pas de temps encore moins de la lenteur... Ils aimeraient bien aussi, pouvoir s'arrêter et se laisser porter par cette lenteur, celle du temps, celle leur permettant d'être avec leurs familles, celle de pouvoir dormir sans avoir à se réveiller en pleine nuit, et trop souvent de devoir dormir accroupit sur le sol ou sur un lit de fortune, ou simplement profiter de cette lenteur qui nous accompagne lorsqu'on lit un bon livre, ou au moment où la musique nous emporte dans des pays imaginaires lointains... Mais eux, ils n'ont pas cette liberté-là... ce luxe-là dont nous profitons. Ils sont au front, pour nous soigner, pour nous sauver... Et souvent, trop souvent, ils tombent au combat. Pour eux, nous ne nous plaindrons pas de devoir vivre de cette lenteur pour encore des semaines, et on peut même supposer, encore plusieurs, voir des mois. Alors restons calme et reconnaissant que comme seul effort de guerre tout ce qu'on nous demande c'est de rester sur notre divan. De passer plus de temps avec notre famille, de faire du pain, d'essayer de nouvelles recettes, de faire de bons gâteaux et de prendre le temps avec lenteur. Ayons de la gratitude. Faisons du bien à ceux qu'on aime en leur disant et en restant le plus positif possible. Parlons-nous sur nos tablettes et nos téléphones qui nous permettent de nous voir en nous parlant ! Restons en contact grâce les réseaux sociaux. Profitons de ce privilège que la lenteur du temps nous apporte. Un jour peut-être... quand tout sera redevenu presque normal et que nous manquerons de temps, nous aurons en tête le souvenir de la lenteur du temps quand nous avions le temps de prendre lentement notre temps... Nous aurons alors une douce pensée pour la lenteur du temps.

26 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

ENFIN